Comment construire une stratégie de transformation digitale
Insights/ Transformation digitale / Stratégie & feuille de route
06 sept. 2022 - 05 min de lecture

Pourquoi la plupart des organisations écrivent leur stratégie au mauvais moment
Beaucoup de stratégies de transformation digitale naissent par réaction. Un conseil d’administration en demande une. Un bailleur l’exige. Une nouvelle direction arrive et souhaite donner un cap. Le document est produit, paraît cohérent, puis cohabite avec une réalité opérationnelle qu’il était censé orienter.
Une stratégie qui se lit bien sur le papier mais qui ne modifie aucune décision dès le lundi suivant n’est pas encore une stratégie. C’est le test auquel je reviens systématiquement avec les dirigeants qui me sollicitent pour en bâtir ou en redresser une.
Ce qu’une vraie stratégie contient réellement
Une stratégie de transformation digitale n’est pas une liste de technologies à adopter, et c’est rarement un calendrier de produits à livrer. Elle répond, dans un langage simple, à quatre questions :
- Que cherche à devenir l’organisation, en termes business, dans les deux ou trois ans à venir ?
- Quelles capacités manquent aujourd’hui pour rendre ce changement possible ?
- Où iront en priorité le temps, l’argent et le capital politique, et pourquoi ceux-là avant les autres ?
- Que choisira-t-on délibérément de ne pas faire, même si c’est tentant ?
La dernière question est celle que la plupart des stratégies évitent. Sans elle, chaque initiative semble importante et plus rien n’est vraiment priorisé, un des modes d’échec récurrents des projets de transformation digitale.
Partir du modèle opérationnel, pas de l’outillage
L’erreur la plus courante consiste à démarrer par un choix technologique. Plateforme cloud, ERP, CMS headless, assistant IA, la réunion s’ouvre sur l’outil, et la stratégie est ensuite reconstruite pour le justifier.
Un point de départ plus honnête est le modèle opérationnel. Comment les décisions sont-elles prises aujourd’hui ? Où l’information est-elle réellement bloquée ? Quelles fonctions tournent grâce à des héros plutôt qu’à des processus ? Lorsque l’on commence par là, les choix technologiques qui suivent ont une chance d’être justes, parce qu’ils répondent à une vraie question.
Cette discipline s’applique de la même manière à une ONG de quarante personnes, à une institution de deux cents personnes ou à une PME régionale. Le vocabulaire change ; la rigueur, non.
Le séquencement, c’est la stratégie
Une fois le cap clair, l’essentiel du travail est celui du séquencement. Trois principes sur lesquels je m’appuie :
Premièrement, viser un succès visible dès le premier trimestre. Pas l’initiative la plus stratégique, la plus crédible. Les programmes de transformation perdent vite leur oxygène lorsque rien n’a changé en six mois.
Deuxièmement, séparer la plomberie des projets de façade. L’identité, la donnée et l’intégration ne font jamais une belle slide de comité, mais tout le reste en dépend. Les budgéter explicitement, ou accepter que tous les chantiers suivants traînent.
Troisièmement, laisser de la place à ce qui ne se prévoit pas. Un financement bouge, une personne-clé part, un régulateur publie une nouvelle règle. Une stratégie qui a besoin que le monde reste immobile a déjà échoué.
La gouvernance : qui décide de quoi, par écrit
Beaucoup de stratégies échouent non pas parce que l’analyse était fausse, mais parce que personne ne savait qui pouvait arbitrer un compromis lorsque la réalité a fait pression. Avant tout démarrage d’exécution, trois choses devraient être posées noir sur blanc :
- Qui peut faire évoluer la liste des priorités, et sur quelles preuves.
- Qui peut engager des dépenses, jusqu’à quel seuil, sans rouvrir la stratégie.
- Qui est responsable du résultat, distinct des personnes qui exécutent.
Cette clarté est inconfortable à écrire. C’est aussi ce qui distingue les programmes qui survivent à leur deuxième année de ceux qui s’éteignent doucement.
Là où les stratégies cassent face au réel
Deux contraintes brisent plus de stratégies de transformation que toutes les autres réunies : la capacité et la politique. La capacité, parce que les mêmes personnes sont presque toujours censées faire tourner l’activité et la transformer en parallèle. La politique, parce que chaque réorganisation déplace de l’autorité, et l’autorité ne se déplace pas en silence.
Aucune des deux n’apparaît bien dans un document de stratégie. Toutes deux décident pourtant si elle fonctionne.
En pratique
Si vous bâtissez une stratégie de transformation digitale depuis zéro, les heures les plus rentables sont celles passées à délimiter ce que l’organisation choisira de ne pas faire. Si vous redressez une stratégie qui s’est enlisée, le diagnostic se trouve presque toujours dans la gouvernance et le séquencement, rarement dans l’analyse.
S’il fallait n’en retenir qu’une chose : appliquez le test du lundi. Une stratégie qui ne modifie aucune décision dès le lundi suivant n’est pas encore une stratégie. Le cluster transformation digitale de ce site approfondit les décisions associées, leadership, séquencement, exécution. Et lorsqu’une stratégie en construction a besoin d’un regard extérieur, c’est exactement le terrain de mon accompagnement gestion de projet et stratégie digitale.
- Haja Faniry
Services liés
Transformation Digitale & Solutions Technologiques
Conseil en transformation digitale et solutions technologiques pour automatiser les processus et moderniser les systèmes numériques.
Gestion de Projet & Stratégie Digitale
Conseil en gestion de projets numériques et stratégie digitale pour accompagner les organisations dans leurs initiatives technologiques.


